Musicothérapie

Équilibre entre agir et le laisser faire

 

 

 

L'éternel est mon berger

Ici et maintenant

Nulle part d'autre ou aller

A quoi bon s'efforcer de chercher

Dans la jungle

Inextricable de mes tourments

L'enfant qui repose

Tranquillement

Au-delà des firmaments

Célébrant la grande

Danse sacrée

De ce qui depuis tout temps a toujours été présent

Je me détends dans

L’éternel instant présent

 

 

 

 

1 — Le agir dans le contexte de la musicothérapie

2 — Le laisser faire dans le contexte de la musicothérapie

3 — Équilibre entre agir et laisser faire

4 — Le lâcher prise dans l'instant présent

5 — Les obstacles

6 — Conclusion

 

 

 

1 — Le agir dans le contexte de la musicothérapie

 

Poser un cadre dont les limites seront définies par l'individu, ou bien le groupe avec lequel nous travaillons ; ainsi que notre propre état d'esprit.

Ce cadre définissant les limites, n'est rien d'autre que du « bon sens », prenant appui sur la bienveillance.

 

Qu'est-ce que le bon sens ?

C'est ne pas se laisser duper par soi-même, son savoir, ses prétentions et pseudo analyses. Mais au contraire, se fier à sa première pensée, dans le contexte où c'est la situation et notre interaction avec elle ; qui va définir l'action juste. Celle-ci prend appui sur la bienveillance. C'est-à-dire la confiance que dans chaque situation y réside un potentiel de guérison et d'antidote qui peut être à même de révéler la bonté primordiale qui réside dans chaque instant, et donc l'action qui peut être propice de donner un résultat approprié à l’événement. Peu importe que celui-ci soit bon ou mauvais, ici il ne s'agit pas de juger le résultat mais de considérer la justesse de l'intention.

 

L'agir serait donc plus une disposition intérieure, une intention basée en amont de l'acte afin que celui-ci puisse dévoiler tout le potentiel de la situation, du contexte en prenant appui sur l'ici et maintenant, semblable à l'éternel est mon berger, celui qui nous guide dans les méandres de ce qui peut nous rendre confus.

Ex : mille et une pensées assiégeaient mon esprit, j'étais perdu dans les méandres de mes propre créations fantasmagoriques... Seul voie de salut, l'ici et maintenant ! Retour à l'inébranlable instant présent.

 

Le agir dans ce contexte, se porte plus sur le non-agir. Dans le sens où celui-ci est plus une disposition d'ouverture, un état d'esprit porté sur la bienveillance plus que sur la volonté.

 

Le fil conducteur entre l'intention et l'acte peut prendre racine dans la bienveillance qui n'est rien d'autre que la confiance en soi, ainsi que la confiance envers les personnes avec qui nous travaillons. Non pas une confiance aveugle, mais une confiance basée sur le respect et la conscience du caractère sacré qui réside dans chaque situation, individu.

 

Le sacré s'apparente au potentiel positif inhérent à chaque chose, et permet de travailler avec les éléments d'une manière bénéfique en allant voir derrière les idées préconçus, les idées fixes ou bien les faux semblants (apparence trompeuse). Et découvrir ainsi pour celui qui sait regarder, que tous les éléments constitutifs d'une séance, sont déjà présents et qu'il suffit juste d'être assez attentif pour s'y connecter et se laisser inspirer à la mettre en danse.

 

 

2 — Le laisser faire dans le contexte de la musicothérapie

 

Dans le contexte de ce qui a été énoncé précédemment, le laisser faire peut prétendre à l'action juste. Dans le sens où l'espace ainsi créé par l'attitude d'esprit va permettre de mettre en mouvement les éléments qui vont constituer une séance de musicothérapie. Non pas d'une manière préconçue et souvent erronée, c'est à dire à côté de la réalité que représente la situation, mais plutôt, c'est la situation, les individus présents, qui vont définir la position du musicothérapeute et son interaction avec eux.

 

Le laisser faire dans ce cadre, est donc la mise en application de l'intention (développé dans l'agir) qui va pouvoir créer un espace dans lequel l’interaction entre les différents éléments constitutifs de la séance va pouvoir entrer en œuvre.

Celui-ci est bien actif et non pas passif, comme on pourrait le supposer par sa forme verbale !

C'est un peu comme si l'agir, disposition intérieure, crée la cause d'un espace ouvert. Dans lequel le laisser faire apporte déjà un résultat quant à la disposition des différents éléments constitutifs d'une séance.

 

Le laisser faire a pour principe d'amoindrir l'acte basée sur la volonté, le désir d'avoir un résultat, ou bien de rester bloqué sur une idée préconçue, un principe, ou tout autre concept qui brise le coté spontané. C'est l'acte dénué de volonté. Il peut s'apparenter au principe créateur telles les saisons par exemple : La graine pousse, transperce la terre et la fleur apparaît, sans qu'il y ait aucune volonté de la part de la graine pour atteindre ce résultat.

C'est juste la force des causes et conditions qui une fois réunies fait apparaître le résultat !

 

Ce principe créateur nous amène au troisième chapitre qui est la base de l'équilibre entre le fait d'agir et de laisser faire, qui s'apparente à développer l'authenticité dans une séance.

 

3 — Équilibre entre agir et laisser faire

 

Qu'est-ce que l'équilibre dans le cadre d'une séance de musicothérapie ?

C'est sur la base du développement de l'attention et de la vigilance tel que : la vigilance apparaît lorsque l'attention monte la garde à la porte de nos diverses perceptions.

Qu'alors nous pouvons sortir du cocon généré par la force de nos habitudes qui nous empêchent dans ce cadre d'intervenir de façon intelligente et donc de prendre conscience que c'est la surimposition de nos différentes projections sur la situation qui nous empêche d'être dans la bonne disposition intérieure. Celles-ci sont gouvernées par la peur de mal faire ou de ne pas avoir de résultat ou bien le manque de confiance en soi.

 

Développer l'équilibre, c'est justement se servir de toutes ces différentes difficultés qui nous font obstacle, pour nous même et la séance, afin de chevaucher celles-ci avec douceur, intrépidité (oser affronter ses peurs) et un cœur ouvert.

Il faut se servir de l'énergie déployée par les diverses émotions qui s'élèvent, afin de pouvoir les utiliser de manière consciente sur le chemin de la transformation. Cela amène la joie d'être pleinement présent de manière simple et authentique, sans pour autant se prendre trop au sérieux.

 

L'espace d'un esprit ouvert tenu par la corde attention, permet de maintenir une cohésion, une interaction bénéfique et surtout d'influencer celle-ci de manière positive et harmonieuse, afin que les différents participants puissent bénéficier de cette atmosphère ainsi crée,  pour générer plus de détente et d'ouverture du cœur. Ceci nous permet d'aller au-devant des différentes émotions qui peuvent s'élever au cour d'une séance et d'utiliser l'énergie non refoulée, déployée par celle-ci, sans quelle nous submerge.

 

Ainsi quand la résistance s'amoindrit alors on peut laisser place au sens du rythme.

Cela fait partie, à mon sens, d'une base bien stable qui va permettre d'enclencher le processus de guérison.

 

 

4 — Le lâcher prise dans l'instant présent : L'antidote royal, monture de la confiance en soi.

 

Le lâcher prise dans l'instant présent est la disposition de l'état d'esprit qui tente d'accepter et de travailler avec ce qui s'élève, au cours d'une séance. Que cela soit bon ou mauvais, agréable ou bien désagréable, on comprend que ce qui s'élève est digne de confiance. On ne le refoule pas, au contraire, on rentre en amitié avec ce qui se manifeste.

 

Cela nous permet d'arrêter de faire des comparaisons fondées sur nos propres attentes et de contrecarrer le doute qui peut empoisonner une séance. Pour ça on fait confiance, on laisse tomber la lutte féroce entre le bon et le mauvais, qui conditionne la manière dont on peut percevoir une séance de musicothérapie. Cela nous amène à la première pensée, meilleure pensée.

On peut rentrer dans l'intimité de chez soi qui est juste le fait de se laisser guider par son intuition et laisser tomber plus facilement tout le bavardage mental ce qui peut laisser place à ce premier moment de perception fraîche, qui est à mon sens l'un des meilleurs atouts du musicothérapie. Ainsi nous pouvons développer une présence authentique, qui permet de lâcher prise sur les différents obstacles qui nous empêchent d'être pleinement présent. Cela nous aide à cesser de s'accrocher à nos différents peurs et espoirs, c'est se faire confiance et faire confiance.

 

C'est donc accepter ce qui se présente. De là apparaît une détente, qui est basée sur la faculté de se m'être au même diapason que le milieu où l'on se trouve, ceci peut créer l'ouverture nécessaire à la guérison. Et pour ce faire, l'humour peut être d'un grand soutien, dans la manière d'inter-agir au cours d'une séance que ce soit avec soi-même ou bien les individus concernés.

L'humour est un moyen habile pour développer le lâcher prise et ainsi permettre au thérapeute de s'enraciner dans l'instant présent. Ce qui va amener plus de douceur et de légèreté pour travailler avec les éléments constitutifs d'une séance.

 

 

5 — Les obstacles

 

Quels en sont les obstacles ?

La culpabilité d'avoir mal agis lors d'une séance, ou bien celle d'avoir échoué - encore faut-il accepter ce concept « coupable de... ». C'est un obstacle, de se rendre coupable de ceci ou de cela au lieu de regarder les causes du mal agir ou bien de l'échec, si échec il y a ! Car cela nous amène à nous enfermer dans notre cocon, qui n'est que le reflet de nos conditionnements et idées fixes. Le résultat c'est que cela amène le doute et le manque de confiance en soi, qui font partie des obstacles majeurs du musicothérapeute.

 

Je ne pense pas qu'il y ait de bonne ou de mauvaise séance en soi. C'est plutôt la manière, dont nous abordons nous-mêmes, le résultat d'une fin de séance qui peut être, soit aidant (prise de conscience de ce qui peut être mieux travaillé ou de ce qui est viable). Ou bien contraignant, c'est-à-dire dénigré par le jugement ou l'auto-flagellation d'avoir mal agis. Il s'en suit un cercle vicieux, où le thérapeute risque de perde pied, par le manque de confiance en soi, et donc de renoncer à son activité (c'est une possibilité). C'est un danger qui existe dans notre société, où tout est basé sur un résultat immédiat et un pas droit à l'erreur.

 

Le doute et le manque de confiance en soi peuvent être reliés à ce sentiment de culpabilité, sorte de pêcher originel, bien ancré dans notre société. Qui, me semble-t-il, est relié à ce manque de confiance en la bonté inhérente à la nature humaine.

 

Tout cela peut nous amener à perdre le fil, dans le sens d'oublier notre intention de base, qui a été développée dans le deuxième chapitre. Perdre le fil, c'est perdre pied dans ce qui maintient la ligne directrice conduite par l'intention de base durant une séance. Ceci nous déracine de l'instant présent, et nous ballote au gré de nos tourmentes émotionnelles, et donc, nous pouvons passer du rôle de thérapeute à celui de patient. C'est pour cela que maintenir l'intention, ainsi que la vigilance, comme gouvernail, peut permettre de garder la direction développée durant une séance en ouvrant la grande voile de la confiance en soi, ainsi qu'une confiance en la bonté inhérente à chaque situation. Ceci peut permettre de contrecarrer, par le biais de la simple reconnaissance, les différents obstacles qui peuvent surgir.

 

 

6 — Conclusion

 

Je n'ai pas voulu disserter sur les différents éléments constitutifs de la musicothérapie, ainsi que leurs mises en œuvre car ceci a déjà bien été traité par Gérard Ducarneau et bien d'autres. Mais plutôt, d'exposer brièvement ce qui peut soutenir un acte musico-thérapeutique, avant, pendant et après une séance. Cultiver la vue, l'état d'esprit avec lequel nous allons aborder ce qui s'élève à l'intérieur de nous, ainsi que l'intégration de ce qui se manifeste à l'extérieur, c'est déjà admettre le caractère interdépendant de tous les éléments du physique, de la matière, du corps et du psychique, l'état d'esprit, l'intention, la motivation.

 

La nature humaine, ainsi que notre rapport avec elle, engendre soit le chaos, soit l'harmonie. Elle n'est pas bonne ou mauvaise en soi, puisque l'un apparaît sous l'influence de l'autre et ce qui compte réellement, c'est de savoir qu'est-ce qu'on en fait et comment l'amener sur la voie de l'évolution, de la guérison, afin de prendre conscience de ce qu'il faut développer et de ce qu'il faut changer, donc transformer.

 

Le mouvement perpétuel, qui passe du désordre à l'équilibre, et vice-versa, est à même de montrer que tout dépend de causes et de conditions. Celles-ci ne sont pas extérieur à nous, mais dépendent bien de nous, de notre façon d'aborder les choses. Ainsi que les différents moyens habiles que nous utilisons pour y parvenir. La musique ne dit rien en soi, c'est notre interprétation à travers notre interaction avec elle qui va définir ceci ou bien cela, j'aime ou je n’aime pas. C'est pour cette raison qu'il n'y a rien de fixe dans chaque situation, dans chaque phénomène, tout dépend de la manière avec laquelle nous allons aborder le travail à effectuer.

 

De même j'ai la certitude qu'un travail sur soi-même en amont soit indispensable, afin que le musico-thérapeute puisse minimiser les risques de transferts (projections névrotiques).

Afin de développer une présence authentique, cultivée par l’entraînement de la conscience à rester vigilant et donc bien ancrée dans l'instant présent qui est à mon sens l'entrée sur la voie de la guérison, la porte qui permet aussi bien au thérapeute qu'au patient, d'atteindre l'ouverture et donc de solliciter les conditions requises pour une meilleure santé psychique et physique.

 

 

 

 

 

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